planetelomasaga

Non, je ne parlerai pas des fêtes de noël, désincarnées et creuses, de plus en plus, chaque année...

Je n'évoquerai pas cet esprit de noel que je ne parviens pas à insufler autour de moi pour faire de ce moment un chouette élan...

J'évoquerai tout juste le pas envie du jour de l'an et la soirée inespérée à faire RIEN avec Lolo et Gégé, à sauter sur le trampoline à minuit, à jouer à la belotte ou écouter de la musique hyper naze... (mais c'est pas grave, eux ils aimaient... -_-)

Vous raconterai-je enfin le premier jour de l'année avec mon bébé et son bras tout tordu, que les protocoles de l'hopital m'enlèvent pour le "soigner"... les infirmières rodées par l'habitude à qui tu as envie de mettre un coup de tronche parce que ton bébé de trois ans, qui a mit un mois à ne plus pleurer le matin à l'école, ben non, il va pas se rassurer en cinq secondes d'être séparé de ses parents, emmené par des gens qu'il ne connaît pas dans une pièce toute froide ou on touche son bras ou il a mal... et non, s'il vous plait, il ne faut pas parler de lui comme s'il n'était pas là parce qu'à trois ans, ce qu'on sait des choses cassées, c'est que papy les recolle si c'est pas trop trop cassé ou qu'on les jette à la poubelle... alors son bras cassé, là, il nous dit que non, c'est pas cassé, et que c'est pas grave, qu'il a pas mal et qu'il veut rentrer à la maison ... Oui, décidemment, un début d'année assez étrange, avec deux nuits à l'hopital - ou tu te demande comment il est possible de "soigner" en réveillant les gens toutes les dix minutes...- à se demander si les putains de petits doigts adorables de ce satané gamin vont décider à remuer (oui parce que j'adore Jamel Debouze, mais bon...) à t'appercevoir que ton gremlins, là, il est dur au mal décidément, qu'il veut plus se soigner mais rentrer à la maison, qu'il veut tellement plus voir les soignants qu'il te dis "non, j'ai pas mal c'est pas grave"...  Enfin, enfin, tout ça n'étant pas si grave puisqu'après vingt quatre heures seulement à l'hopital nous seront rentrés à la maison  avec trois broches dans le bras,  un plâtre de vingt six kilos et un gros paquet d'angoisses, alors que tant d'autres ...

Alors voilà.

Contre tout ça, j'ai pris une décision.

J'ai décidé, que cette année, ce serait une BONNE année.

J'ai décidé que cette année, les choses seraient QUE chouette.

J'dis pas que l'an dernier y a pas eu des trucs sympas, hein.

J'dis que cette année j'ai décidé que ce serait TOUT bien.

Voilà !

et on va commencer par recommencer à rigoler au boulot... un peu... même s'il faut pour cela que j'ai la réputation pourrie que je me projette, allons-y gaiement, j'emmerde les cons. Et il faudra bien que ça suffise, parce que la vie est trop courte pour se faire chier !

làààààààààààààààààààààààààààààààààààà


Il m'a réclamé une bière. Bien sur, ce n'est pas autorisé. Quand on ne s'alimente plus, qu'on a 93 ans, et qu'on a le souffle aussi léger que la flamme d'une bougie, non, on ne peut pas boire de bière. Et encore une fois, j'ai eu envie la lui servir, sa bière, juste parce que c'est lui, juste parce que c'est moi.
Que risque-t-il d'arriver ?

Mais je ne suis pas toute seule, ça ne m'appartiens pas.

Et pourtant je me dis que je lui dois bien ça, après tout. Je lui dois bien une petite bière, et je lui dois bien de ne pas juger à sa place de ce qu'il est bon de faire ou non.

Il est fatigué, fatigué, il n'a céssé de dire ça.

Il vacille comme une flamme, sur ce lit anonyme.

Un flamboyant brasier en train de doucement s'éteindre.

Raphaël, le premier.

Et pourtant dans ton oeil encore, dans ton reproche, encore, j'ai vu ce petit éclat de nos trente sept ans de complicité.

Cette chose entre nous, malgré le temps, malgré la vie, malgré le reste.

Une petite gorgée de bière pour un viel homme qui n'a plus faim, serait-ce donc si grave, si ça te tuais ?


Je ne veux pas savoir ce qu'il a fait avec la brosse à chiottes.
Je ne veux pas savoir ce qu'étaient les petits bout de PQ machouillés sur le sol.
Je ne veux pas svoir où était tombé le rouleau qui était tout mouillé, ni savoir si il y est tombé avant ou apres qu'il ait arraché des morceaux avec ses dents et qu'il ne les machouille.

Je ne veux pas savoir qui a oublié de fermer la porte des toilettes....

Gabrielle est venue toute fiere avec son dessin, au premier abord je n'ai pas vraiment vu l'éléphant dont elle me parlait...
Je m'apprêtais à lui faire une réponse bateau, mais
comme à chaque fois, je me suis souvenue de tous ces livres que j'ingurgite, et de ce qu'ils conseillent à propos des dessins des enfants : le regarder VRAIMENT, le commenter, lui en parler. Montrer qu'on y accorde de l'importance. Parce que l'enfant construit sa confiance en soi dans ce qu'on lui accorde en terme d'attention, réelle et non fictive ou distraite. Un dessin d'enfant pour un adulte, c'est sans importance. Pour l'enfant qui l'a fait, c'est primordial. Il s'est mis tout entier dans le dessin.
Alors j'ai regardé VRAIMENT le dessin de l'éléphant de Gaby. Et au fur et à mesure que je l'ai regardé, l'éléphant s'est mit à bouger et à courir.
Oui ma chérie, il est vraiment vivant ton éléphant. On croirait un vrai, en mouvement !
Juste l'essentiel.
J'ai enfin pu donner mon sang aujourd'hui, enfin le temps, enfin assez d'hémoglobine et...
Et puis aussi j'ai pu faire cette photo là, que j'ai pas fini de regarder et de regarder encore.
Bon je suppose que ça fait ça a chaque parent, du moins je l'espère. En philo il y a un concept du temps qui définit bien cela : Le kairos.
L'essence de l'instant.
Juste parfois, on peut vraiment arrêter le temps et regarder les choses comme à travers un prisme magique. Il suffit de s'arrêter un instant d'agir et de penser, il suffit de prendre le temps de contempler les choses, les êtres. Considérer le présent comme un évênement majeur.
Alors une grande douceur nous envahit. Cela s'appelle le bonheur.

 
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